FAUNE- FLORE- OSERAIES
La partie du marais en bordure des villages de Painfaut et du Terrier est classée zone Natura 2000 et se caractérise par une « prairie à hautes herbes ».
Ces prairies se développent sur des sols soumis régulièrement aux crues, riches en éléments nutritifs. Les pratiques de fauche et de pâture ont généré une flore très abondante , aux espèces courantes et adaptée à une immersion plus ou moins prolongée.
Ces milieux très florifères sont une ressource, un refuge ou un corridor de circulation privilégié pour de nombreuses espèces d’insectes notamment de papillons.
Parmi les espèces florales, on note la présence de lysimaque (Lysimachia vulgaris), angélique ( Angelica sylvestris), reine des prés ( Filipendula ulmaria), salicaire ( Lythrum silicaria), épilobe ( Epilobium hirsutum), eupatoire chanvrine ( Eupatorium cannabinum), liseron des haies ( Calystegia sepium), baldingère faux roseau ( Phalaris arundinacea), lycope d’Europe ( Lycopus europaeus).
Musaraignes et chauves souris représentent la faune mais aussi les chevreuils, blaireaux, renards et de nombreux oiseaux .
Dans ce marais subsistent les vestiges d’ anciennes oseraies ou saulaies qui permettaient la culture de l’osier des vanniers (Salix viminalis) en milieu naturel, les pieds dans l’eau.
L’osier, autrefois très utilisé pour la fabrication des paniers et des bosselles (engins pour la pêche à l’anguille), est aujourd’hui très souvent supplanté par le saule marsault (Salix caprea), espèce typique du marais qui contribue à la « fermeture » du milieu lorsque ce dernier n’est plus entretenu et exploité.
Le cadastre de 1844 indique des structures très particulières formées de carrés ou rectangles entourés de canaux et dont on voit ici les vestiges, bordant le marais à proximité du lieu dit Le Terrier.
LE VILLAGE DU TERRIER
Le Terrier est le dernier hameau au nord de la commune. Subsistent encore dans ce village, le four à pain et le puits communautaires.
Le « terrier » désignait au Moyen Age un registre foncier mentionnant les terres relevant d’une seigneurie avec les droits y afférents et la reconnaissance de la situation par les vassaux et tenanciers . Impopulaires, les terriers furent supprimés en 1790.
L’abbé Le Berre, d’Avessac, féru d’histoire locale, établissait un lien entre le terme de terrier ( registre foncier) et le commerce du sel au lieu dit Le Terrier (« Racontez nous Avessac » 1999- page 72). En effet, les moines de Redon qui possédaient un couvent au lieu dit Painfaut et des marais salants sur Guérande avaient organisé un commerce du sel dans le Pays de Redon.
Au Terrier, des bateaux amenaient du sel, par l’ancien cours de la Vilaine, accostaient sur le quai des magasins à sel appelés salorges et repartaient avec des produits du pays notamment du blé.
Le commerce du sel étant très important à l’époque et réglementé, notamment pour l’ouverture des établissements qui était soumise à autorisation de l’État, les moines de Redon eurent donc intérêt à créer un terrier.
Non loin des maisons du Terrier, un champ porte encore le nom de « champ des salorges » et le chemin qui longe ici la Vilaine est connu sous le terme de « quai des salorges ». Désormais au Terrier, ne subsistent que les ruines d’un ancien quai des salorges et les vestiges d’un grenier à blé.
LE MARAIS DE LA CHAPELLE DE BRAIN
Après avoir franchi le pont du Terrier, nous pénétrons sur la commune de La Chapelle de Brain, le département d’Ille et Vilaine et la région Bretagne !
Deux étapes ont marqué l’évolution de ce site.
1784 : des travaux de rectification et d’approfondissement ont été réalisés sur le lit de la Vilaine. Ces travaux ont modifié significativement la physionomie et réduit l’aspect sauvage du cours d’eau avec ses méandres et ses fréquentes inondations.
1970 : la construction du barrage d’Arzal destiné à réguler les crues de la Vilaine.
Le marais de Gannedel fait partie du vaste complexe des marais de Vilaine appelés aussi marais de Redon. Situé à la confluence de la Vilaine et du Canut Sud, il s’étend sur trois communes d’Ille-et Vilaine : la Chapelle-de-Brain, Renac et Sainte-Marie et une de Loire-Atlantique : Avessac.
D’une superficie de plus de 500 ha, le complexe du marais de Gannedel est composé de quatre entités : le marais de Gannedel stricto sensu ( La Chapelle de Brain), constitué de 2 plans d’eau, Timouy ( Sainte Marie) avec des prairies inondables , canaux et saules. Les prés- marais de Gutz (Renac), composés de prairies inondables. Sur la rive sud, s’étend le marais de Painfaut (Avessac).
Cet ensemble constitue une des plus vastes zones marécageuses du bassin de la Vilaine, partagée entre des secteurs très difficiles d’accès, colonisés par des roselières ceinturant des zones d’eau libre et des saulaies, et des zones plus accessibles de prairies inondables fauchées courant juillet ou septembre.
Cet ensemble est classé Espace Naturel Sensible (ENS) et également intégré au site Natura 2000 Marais de Vilaine qui s’étend sur 10 000 hectares.
Le marais de Gannedel connaît depuis plusieurs dizaines d’années une évolution rapide vers le comblement et l’eutrophisation du milieu. Ce constat s’explique par l’abandon d’une partie des usages traditionnels du marais, qui contribuaient à l’entretenir et à ralentir le processus naturel de comblement, associé à l’évolution des pratiques agricoles et la dégradation de la qualité des eaux à l’échelle du bassin versant.
Depuis 1988, la gestion du marais est assurée par le Département d’Ille-et-Vilaine, propriétaire d’une partie du marais. Des actions sont menées en faveur de la préservation des Espaces Naturels Sensibles (ENS) visant à concilier préservation du milieu et accueil du public.
Les enjeux du site sont sa roselière, sa saulaie marécageuse, ses zones humides, ses prairies humides, son bocage et toutes les espèces floristiques et faunistiques associées à ces milieux.
Les principales actions menées par le Département sur les marais de Gannedel sont la restauration de la roselière par abattage et broyage de saules, le maintien d’une superficie importante de saulaie marécageuse au cœur du site, l’entretien régulier des prairies par fauches tardives.
Depuis 2020, le milieu se fermant, le brochet ne trouve plus les conditions optimales pour sa reproduction. La population d’oiseaux évolue vers des espèces inféodées aux boisements ( saulaie marécageuse) et aux fourrés.
La gestion des niveaux d’eau mise en œuvre par le Département a pour objectif de redonner au marais son rôle de frayère à brochets et de limiter l’assèchement printanier pour maintenir une roselière assurant toutes ses fonctions écosystémiques.
LES OISEAUX NICHEURS
Depuis son intégration dans le réseau des Espaces Naturels Sensibles d’Ille-et-Vilaine, les travaux de restauration du marais et les aménagements (affûts, sentier pédestre, vannages) ont valorisé le site. Avec l’arrivée de nouvelles espèces patrimoniales, la fréquentation par les ornithologues s’est accrue.
La présence des oiseaux est notée toute l’année avec 180 espèces recensées.

Les campagnes de baguage réalisées depuis 2002 au printemps ont permis d’identifier des mouvements d’oiseaux et même la découverte de nouvelles espèces pour le site (phragmite aquatique , pouillot à grands sourcils , pouillot brun ).
Les marais de Gannedel constituent une zone humide de première importance pour la nidification d’un nombre important d’oiseaux, notamment pour les passereaux paludicoles ( de marais), dont certains sont d’un fort intérêt patrimonial. Les différents suivis réalisés dans le marais par les ornithologues ont permis de confirmer la reproduction de 61 espèces.
Découvrez le contenu intégral dans le numéro 7 de la collection « Les carnets d’Avessac »